AccueilNewsUne nouvelle IA choque (encore) Dragon Ball et le cinéma d'animation

Une nouvelle IA choque (encore) Dragon Ball et le cinéma d’animation

Le nouveau modèle vidéo Seedance 2.0 de ByteDance (le créateur de TikTok) est en train de provoquer un choc mondial. Clips hyperréalistes, cohérence impressionnante des mouvements, audio natif d’une qualité troublante… Les vidéos générées par cette IA sont désormais quasiment impossibles à distinguer d’une production humaine, et ça fait grincer beaucoup de dents.

Ce n’est pas qu’une (r)évolution technologique. C’est un tournant. Pour le cinéma, pour l’animation, pour toute l’industrie audiovisuelle. A ce rythme, n’importe qui pourra tôt ou tard générer ses propres épisodes ou films depuis ses chiottes, même si en réalité, ce n’est pas demain la veille (générer même une courte séquence coûte extrêmement cher en énergie).

Un modèle IA qui dépasse les standards actuels

Lancé en test limité en Chine, Seedance 2.0 s’impose déjà comme l’un des modèles de génération vidéo les plus avancés du marché. Le cabinet suisse CTOL Digital Solutions l’a qualifié de « modèle de génération vidéo par IA le plus avancé disponible », estimant qu’il surpasse notamment les deux autres modèles qui faisaient le buzz il y a quelques mois :

  • Sora 2 de OpenAI
  • Veo 3.1 de Google

La différence ne se joue pas uniquement sur la qualité visuelle. Seedance 2.0 automatise des décisions créatives jusque-là réservées à des professionnels : cadrage, rythme, montage, transitions, gestion sonore. En d’autres terme, une partie de ce qui faisait dire aux gens « ça n’a pas d’âme » a été corrigé, et ça c’est inquiétant pour les studios.

En clair, l’IA ne se contente plus de générer des images. Elle pense en termes de mise en scène, même si on constate encore de grosses imperfections.

Des séquences dignes des grands studios

Ce qui frappe le plus, ce sont les créations des internautes. Parmi les vidéos devenues virales :

  • Un combat entre Bulma et Beerus digne de Dragon Ball Super
  • Des affrontements Pokémon semblables à un véritable épisode de Pokemon
  • Et d’autres scènes d’action inspirées de licences d’anime protégées

Fluidité des combats. Chorégraphies dynamiques. Expressions faciales crédibles. Effets lumineux maîtrisés. Sound design intégré. Le rendu semble tout droit sorti des studios d’animation japonais – en tout à l’échelle des animés « fleuves » produits en masse comme Pokémon, Dragon Ball Super, ou Conan le Détective.

Mais sans équipe. Sans studio. Sans budget colossal. Juste un prompt.

Faut-il s’inquiéter ?

  • Oui, on peut s’inquiéter : parce que des IA comme Seedance 2.0 peuvent déjà fragiliser les métiers créatifs, brouiller les frontières du droit d’auteur, et surtout accélérer une standardisation industrielle de l’imaginaire. En gros : c’est le risque que la « création » devienne formatée par les mêmes modèles, les mêmes données d’entraînement et les mêmes logiques algorithmiques. Imaginez le délire : Au final, on finira par avoir les mêmes rendu partout. Tous les films, et tous les animés auront la même saveur.
  • Non, il faut relativiser : parce que chaque révolution technologique a d’abord inquiété avant d’élargir les possibilités créatives, et que l’humain reste au cœur de la vision, de l’intention et de l’émotion :
    • La photographie n’a pas tué la peinture.
    • Les jeux vidéo n’ont pas tué le sport.
    • Le synthétiseur n’a pas tué les instruments traditionnels.
    • etc.

Une technologie remplace rarement totalement la précédente. Elle la transforme, la spécialise ou la repositionne, et ceux qui se cassent les dents sont souvent ceux qui n’ont pas su s’adapter à temps (coucou Kodak et Nokia).

Une révolution inévitable pour le cinéma et l’animation

On peut s’énerver comme on veut et afficher « anti-IA » dans sa bio Twitter, ce que montre Seedance 2.0 est clair : le cinéma entre dans une nouvelle ère.

Production accélérée. Coûts réduits. Création démocratisée. Mais aussi questions juridiques majeures autour des droits d’auteur, des licences et de l’exploitation d’univers protégés.

L’IA ne remplace pas encore les studios – je ne le souhaite pas – mais elle réduit drastiquement l’écart, et je reste convaincu que l’IA doit être utilisé comme outil, par exemple pour détecter et corriger les défauts d’animation. Ce qui paraissait futuriste il y a un an devient banal aujourd’hui. L’année dernière, j’avais énervé les anti-IA simplement pour avoir tweeté ça. Aujourd’hui, on y est.

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Saiyuke
Saiyukehttps://www.db-z.com
Créateur et rédacteur du site, je traduis aussi les spoilers du japonais au français. J'anime nos pages Facebook et Twitter, et je réponds (vraiment) à tous vos messages privés ou mail, donc n'hésitez pas !
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