Un fan a récemment partagé une vidéo d’un prétendu jeu Dragon Ball généré grâce à la dernière mise à jour de Google Genie 3. Sur le papier, la promesse est séduisante : un monde en 3D jouable (enfin, c’est relatif), créé à partir d’un simple prompt texte.
Dans les faits, on est très loin d’un véritable jeu vidéo, mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain : ce sera intéressant de voir comment les studios de jeux vidéo vont s’approprier ces outils d’IA, car au-delà du gain de temps, il existe beaucoup d’autres enjeux comme rendre les PNJ crédibles, des mondes et expériences qui s’adaptent réellement au joueur en temps réel, des quêtes non écrites à l’avance, etc.
Mais pour l’heure, on ne va pas se mentir : c’est un carnage !
En réalité, Genie 3 ne fait pas tourner un jeu en 3D au sens classique du terme. L’expérience repose sur un flux vidéo généré en temps réel dans le cloud, calculé par des modèles d’IA lourds, puis streamé vers l’utilisateur. Contrairement à un vrai jeu 3D, où le moteur tourne localement et optimise chaque calcul (physique, rendu, collisions), ici tout est reconstruit image par image côté serveur. Résultat : une consommation de ressources bien plus élevée, une latence inévitable et des coûts d’infrastructure importants, ce qui rend ce type d’expérience difficilement viable à grande échelle face à un moteur de jeu traditionnel.
Un proof of concept sympa, mais très limitée
Le résultat se résume à un simple espace ouvert, sans objectifs, sans gameplay et sans la moindre interaction digne de ce nom. Les décors sont grossiers, les modèles approximatifs (voire horrifique pour Goku), et l’ensemble souffre de défauts visuels évidents. Les collisions sont erratiques, les vagues ne bougent pas, Goku traverse l’eau sans la toucher, enfin bref : même si visuellement ça reste impressionnant (puisque l’IA semble avoir tout pompé à des jeux comme DBZ Kakarot), le rendu final est pauvre, et clairement « vide » au sens technique du terme.
Plus problématique encore : il n’y a rien à faire. Aucun combat, aucune IA ennemie, aucun script, aucun système de jeu. On se contente de se déplacer dans un environnement généré à la volée, pendant quelques secondes, avant d’atteindre rapidement les limites de l’expérience. En l’état, c’est totalement inexploitable pour un projet vidéoludique sérieux.

Mais, attention…
Ce type de démonstration illustre surtout une chose : Genie 3 est une prouesse technologique, pas un moteur de jeu. L’outil sait générer un décor interactif basique, mais il est incapable de produire la complexité, la cohérence et la finition nécessaires à un vrai jeu Dragon Ball. On est plus proche d’un prototype expérimental que d’une base de développement.
En clair, malgré le buzz sur les réseaux sociaux, ce « jeu Dragon Ball généré par IA » comme toutes les vidéos du même type publiées depuis quelques jours, n’en est pas un. C’est un test technique impressionnant sur le plan académique, mais sans intérêt ludique, et qui confirme que l’IA générative est encore très loin de pouvoir remplacer le travail des développeurs, artistes et game designers.
